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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 14:50

 

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Au réveil, chaque matin, son regard se pose sur son quotidien.

Elle sait déjà que la journée sera morne et laborieuse.

Une nouvelle journée durant laquelle le soleil brillera sans elle.


Le ciel, d’ailleurs, qu’il soit clair ou nuageux, elle n’en verra pas la couleur.

Les néons de son bureau, du soleil en seront les rayons.

La blancheur de son teint, la preuve de sa privation.


Chaque matin, comme un automate, elle se prépare à la hâte.

Elle prend à peine le temps d’avaler son café avec un croissant.

Le métro, le bus ou le tram ne l’attendra pas.


Se soumettant à ses horaires, elle patiente sur le quai
  statufiée dans ses pensées de jeune femme esseulée.

Trop petite dans sa grande tristesse de solitaire innée.

Les bruits de la ville n’ont rien de bucoliques et ne sont pas non plus propices aux rêveries d’une existence atypique. Elle semble résignée, le regard éteint, perdue dans le désespoir de son quotidien sans vie.

Tel un robot bien formaté aux tâches qui l’attendent, elle rentre chaque matin dans l’arène d’une catégorie de la population dénommée active.
Si ancrée dans sa routine de survie, comment pouvoir rêver ?
Comment pouvoir penser à autre chose que les obstacles inopinés dans son travail rencontrés ?


Ce matin là, elle s’apprête à s’engouffrer dans un wagon, comme on mène le bétail à l’abattoir, résignée à se laisser avaler par des heures planifiées, comme elle le fait depuis quelques années. Depuis le jour, où ses recherches de travail ont enfin abouti.


Ce n’est pas le métier qu’elle a choisi, une bouée de sauvetage plutôt pour sortir de l’engrenage du chômage, dans lequel elle craignait de s’enliser comme tant d’autres.


Comme tous ces voyageurs à la mine défaite, elle ne semble pas indisposée par le mélange d’odeurs planant autour d’elle.

La main agrippée à la barre centrale où d’autres mains l’ont imitée, elle regarde droit devant elle, hypnotisée par le vide de l'instant.

Soudain, son regard s’accroche à un regard ayant plongé dans le sien.


Tout d’abord surprise de sortir de sa torpeur matinale, son cerveau se met à clignoter comme les feux d’un phare sur la côte pour alerter les navigateurs du danger de la côte.

Mais ce n’est pas d’un danger imminent dont elle est avisée.
Une étrange sensation lui parcourt tout le corps.


Comme électrisée, la sonnerie du réveil est maintenant à son plus haut niveau.
La torpeur qui l’enveloppait comme une maille protectrice s’est évaporée brutalement.

Son brouillard visuel disparu également.


Elle réalise enfin que le regard qui se baigne dans le sien a la couleur d’un lagon de Polynésie et l
a chaleur du climat des Antilles.


Quelque chose vient de se produire dans la plus grande discrétion, sans que personne, dans son entourage de proximité, ne puisse deviner la métamorphose se produisant à l’intérieur même de cet automate citadin.


C’est toujours dans le plus parfait anonymat qu’elle descend à la station habituelle. Mais cette fois-ci, une pensée la poursuit et va la harceler jour et nuit. Le souvenir de ce regard volé à sa destinée d’esseulée durant un petit quart d’heure, transformé en éternité dans sa mémoire.


Dès lors, pendant des jours, elle n’aura de cesse de rechercher du regard, celui qui la hante et la bouleverse depuis la rencontre magique.


Les matins ne sont plus les mêmes. L’espoir l’accompagne jusqu’à sa station de métro. La statue d’antan patientant sur le quai est devenue un détective cherchant son client. Les yeux furètent partout dans les regards des voyageurs jusqu’à retrouver ce bain enchanteur. Ses yeux dans le regard de cet inconnu un instant, où les âmes ont communiqué silencieusement, mais de manière intense avec volupté.


Combien sommes-nous à avoir succombé à un regard croisé dans la rue ? Des milliers sûrement !

C’est une rencontre qui relève du miracle. Si peu banale qu’elle est capable de nous manipuler : de nous faire courir pour rien, de nous faire sacrifier des heures pour rien, de nous rendre dépendants pour rien, de squatter nos pensées de manière obsessionnelle…pour rien !


Elle nous fait croire que tout est possible, que l’Amour ne peut pas être autrement qu’avec un grand A ! Qu’il n’est pas possible que cette rencontre ne se reproduise pas ! Une rencontre qui nous ferait marcher sur la Lune !


Ni les heures, ni les semaines et parfois les mois ne viennent à bout de l’espoir de le revoir, cet inconnu déjà si cher à notre cœur et qui prend, au fil du temps, une importance hors du commun, jusqu’à devenir indispensable à notre existence.


C’est le rêve à l’état pur ! L’idéalisation de l’Amour impossible qui ne peut qu’être réalisable dans notre esprit !


Celle qui se laissait happer dans le sillage de la routine des jours ouvrés, ouvrables et fériés, sans même rechigner, ni se révolter de l’insignifiance de son existence se retrouve face à face avec un cœur qui bat la chamade pour un inconnu.


Elle continue d’attendre sur le quai, d’espérer ce regard. Les jours passent ! Elle commence à désespérer et un deuxième miracle se produit.


Il est là, à cinq mètres. Cette fois-ci, elle le reconnaît même sans avoir à croiser son regard. L’ayant scanné dès la première rencontre dans son regard enveloppant.

Son cœur s’est mis à accélérer à la limite du malaise. Elle sourit de sentir tant d’émotion en elle en apercevant celui qui est responsable de ce volcan intérieur en ébullition.


Elle n’avait jamais ressenti cela auparavant, se moquant même de ses copines amoureuses, les trouvant même un peu ridicules de se mettre dans de tels états passionnels pour un cher et tendre.


Si ces dernières la voyaient aujourd’hui, dans un état second pour un inconnu, elle aurait l’air malin et elles auraient de quoi prendre leur revanche.


Comme quoi, personne n’est à l’abri de « tomber en amour », comme disent les Canadiens.

Même s’il ne s’agit que d’une chimère, un passage à vide, une illusion perdue, c’est un moment délicieux qui laisse des traces très longtemps et parfois indéfiniment.


L’héroïne de cette histoire est en train de revivre la danse des regards qui réchauffe l’âme de l’esseulée qu’elle est. Elle ne veut même pas imaginer une suite tant elle se sent déjà comblée dans cet échange d'attirance visuelle si agréable à vivre.


A contre coeur, elle s’apprête à sortir à la station de métro qui met fin au charme. Elle s'arrache à ce regard comme si elle perdait un être cher brutalement. Mais quand elle se retrouve sur le quai, avant même de sentir en elle la douleur de la séparation, elle entend une voix lui dire bonjour.


Il est là, en train de lui parler, à elle !

Elle se pincerait presque pour savoir si elle ne rêve pas. Mais les yeux bleus qui quêtent son regard sont bien ceux, dont elle ne peut plus se passer.


A partir de cet instant, une belle histoire est peut-être en train de naître.

Mais il y a celles qui ne voient jamais le jour, restant dans l’écrin de la mémoire des amours platoniques comme les plus beaux souvenirs des sentiments amoureux.


Parce que le rêve est toujours plus beau que la réalité. Non ??

Ce qui n'empêche pas de toujours vouloir concrétiser ses rêves !!! Quels qu'ils soient !



          Aimer quelqu’un, c’est lui laisser le droit au bonheur, 
          C’est le laisser suivre un autre chemin,
          tout en le gardant au fond de son cœur. 

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Vous qui venez de me lire,
 
 je vous souhaite beaucoup d'Amour et d'Amitié

 et vous remercie de votre visite.

                 
Julie


RAPPEL DU CODE DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE

(loi n° 57-298 du 11 mars 1957)

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Published by soleilvert29 - dans Nouvelles
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commentaires

Yanns 04/05/2010 22:05



Qu'il est beau ce texte... Un jour viendra et c'est mon regard que vous croiserez


 


Je vous aime


 


Yanns



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